| Hommage à Sœur Marie Casteret |
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J'ai connu sœur Marie lors du rassemblement des 30 ans de l'Arsip à Sainte Engrâce. Nous avions longuement discuté des écrits de son père qui m'ont amené à la spéléologie comme beaucoup de spéléos de mon âge. Nous avons alors discuté de Ralph Parrot, poète souterrain comme le qualifiait son père, et quelle ne fut pas sa surprise quand elle s'aperçut que je connaissais par cœur certains poèmes dont la "prière du spéléologue" que je déclamais à tue tête pendant l'explo d'Arphidia 3 et qui faisait tant hurler Mickey ! Véro était alors enceinte de notre troisième enfant. Sœur Marie adorait les enfants et prenait chaque année de nos nouvelles et surtout de la petite dernière, Lucine. Nous avons envoyé un faire part à sœur Marie pour la naissance de Lulu. En retour, elle nous a offert la collection complète des écrits de Ralph Parrot dédicacés à son père ainsi que les échanges de certains courriers. Cadeau inestimable, bien placé maintenant dans les archives du CDS. On peut être croyant ou athée mais on ne peut pas être insensible à toute la gentillesse, à tout l'amour qui se dégageait de sœur Marie. Toujours intéressée par ce qui se passe dans le département, je la tenais régulièrement informée de nos actions. Pour les obsèques de Georges Lépineux, elle était à nos côtés pour lui rendre un dernier hommage avec des mots bien choisis pour célébrer la mémoire de ce grand précurseur de la spéléo dans les Pyrénées. Plus tard, elle a organisé une cérémonie dans le gouffre d'Esparros en l'honneur de Notre Dame des Gouffres et en présence de l'évêque de Lourdes. A cette occasion, elle m'a demandé de lire la "prière du spéléologue". Quand elle m'a passé la parole, voyant que je n'avais pas de papier , elle a eu un moment d'affolement mais elle a vite compris que c'était mon poème préféré et que je le connaissais par cœur. Elle était heureuse, nous avons longuement discuté avant qu'elle ne s'éclipse discrètement comme elle le faisait souvent. Elle a quand même pris le temps de me dédicacer son dernier livre: un hommage à sa famille. C'est la dernière fois que je l'ai vue. Plus tard, nous nous sommes parlés à plusieurs reprises au téléphone. Elle voulait distribuer les archives de son père ; de la Pierre à l'Arsip et celle des Hautes Pyrénées au CDS. Avec Mickey, nous avons tenté de l'en dissuader car ce patrimoine inestimable ne doit pas être éparpillé mais remis dans son intégralité à la Fédération. Elle se savait atteinte d'une maladie dont l'issue serait malheureusement fatale. Ma dernière conversation avec elle aura été pour la soutenir, pour lui demander de se raccrocher à sa foi.… mais la triste nouvelle est tombée mercredi 5 décembre par un mail empreint de tristesse d'un membre du Spéléo Club d'Esparros. Madeleine et Michel ont pu accompagner Sœur Marie vers sa dernière demeure, aux côtés de ses parents témoignant ainsi de la tristesse des spéléos du 65. Une page se tourne. Le CDSC 65 adresse toutes ses condoléances à la famille de sœur Marie. Bubu |




