Flash Infos

ECOLE DE SPELEOLOGIE DES HAUTES-PYRENEES - EDS65 

Fonctionnement et réglementation : CLIQUEZ ICI

Contacts :
EDS - Encadrement : Jonathan Dorez - Mail : jospeleo@hotmail.fr
EDS - jeunes spéléos : Michel Bof - Mail : bof.michel@orange.fr
Vos comptes-rendus et photos sont à envoyer à : Sandrine - Mail : s.lelay65@wanadoo.fr
 
SORTIE EDS : 2 dates proposées  27 ou 28 septembre 2017
Pour s'inscrire cliquez ICI
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 INFORMATION IMPORTANTE :  Une protection provisoire vient d'être installée par le CDSC65 dans la grotte de la Pâle. Celle-ci vise à
protéger les vestiges découverts. Dans l'attente d'une installation définitive, le CDSC65 remercie tous les spéléos de respecter et de
faire respecter cette protection.
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Interdiction de descente du canyon de Bernède

Voir l'arrêté : cliquez ici
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EXERCICE SECOURS PREFECTORAL : Samedi 2 décembre 2017
Gouffre d'abdala - Bagnères de Bigorre
Informations auprès de Bruno Nurisso au 06.89.30.13.93
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Journée d'information sur les chauves-souris PDF Imprimer Envoyer

 

L’ESB de ce samedi 22 novembre était placée sous le signe des chauves-souris. Une journée d'information était en effet proposée au CDS65 par le SIVU du massif du Pibeste-Aoulhet. Gestionnaire de la Réserve Naturelle Régionale et animateur du site Natura 2000 « Granquet Pibeste et Soum d’Ech », le SIVU représenté par Frédéric Barbe avait invité Sophie Bareille, chiroptérologue au Conservatoire d'Espaces Naturels, à venir nous parler de ces animaux que nous rencontrons fréquemment sous terre. Pour cette journée un peu exceptionnelle, tous les spéléos du département (enfin, ceux qui sont sur la liste de diffusion…) avaient été invités à participer, rendez-vous à 9h30 place de St Pé.

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Après une rapide présentation du site NATURA 2000 et de ses enjeux de conservation, nous rentrons dans le vif du sujet avec un exposé technique autour de divers aspects de connaissance et de gestion des populations de chauves-souris. Sophie Bareille nous explique l’intérêt et la place des chauves-souris dans notre environnement quotidien : l’animal est un formidable aspirateur à insectes (jusqu’à 3000 insectes attrapés par nuit et par individu) qui possède peu de prédateurs en dehors de l’homme, car il occupe une place particulière dans l’écosystème. Il est donc soumis à de fortes pressions liées par exemple aux dérangements lors des phases d’hibernation, aux collisions avec les véhicules, à la destruction de ses territoires de chasse (l’arrachage des haies par exemple) ou à l’intoxication par l’ingestion d’insectes confits aux produits phytosanitaires agricoles et urbains. 

img 9576 C’est un animal assez fascinant dans son comportement, qui pratique la nurserie collective entre femelles, la fécondation différée, qui est capable de faire 40 km à partir de son gîte pour aller boulotter des insectes en pleine nuit et qui peut aussi migrer pour certaines sur des milliers de kilomètres. Souvent, il disparait dans le paysage entre deux phases de cycle sans que l’on sache encore où il se cache… L’évaluation des populations est encore très imprécise du fait du manque de connaissance exhaustive des gîtes (cavernes, arbres, ponts, greniers, selon les espèces et les phases du cycle annuel). De même, les conditions écologiques exactes les plus favorables à la vie de chaque espèce sont encore mal connues.

Sophie Bareille nous explique également que la région Midi-Pyrénées possède une très forte responsabilité en matière de maintien des populations de chauves-souris puisque seuls quelques rares gîtes actuellement connus abritent les plus importantes populations de certaines espèces de chauves-souris en France ; c’est le cas par exemple du Minioptère de Schreibers, présent dans deux grottes du département. Cette extrême fragilité des populations a conduit le CEN à mettre en protection physique quelques gîtes connus pour leur intérêt ; dans les Hautes Pyrénées, ce sont ainsi deux grottes qui sont sécurisées par des grilles afin de limiter au maximum les dérangements, notamment pendant la période sensible d’hibernation (grotte du Roy et grotte du Bédat) ; dans d’autres secteurs de Midi-Pyrénées, ce sont des arbres qui peuvent être protégés, des bâtiments, ou bien d’autres cavités à enjeux.

Ces mises en protection s’accompagnent de partenariats locaux pour intégrer ces mesures, gérer et étudier les populations : ainsi, le CDS 65 est associé depuis plusieurs années aux programmes de comptage des populations de chauves-souris dans la grotte du Roy.

 

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Toutes ces actions font l’objet d’un plan d’action national décliné à l’échelle régionale (il s’agit du PRAC, pour Plan Régional d’Actions pour les Chiroptères). Les spéléologues sont là encore associés aux comités de pilotage qui se tiennent annuellement, ils peuvent y donner leur avis en matière de gestion, de protection ou de connaissance.

La matinée se termine avec une exposition de magnifiques photos de diverses espèces de chauves-souris.

Après un pique-nique sous les platanes, la journée se poursuit par la visite d’une cavité sur le massif, la grotte Noëlle. Jean Claude y a repéré quelques chauves-souris lors d’une précédente reconnaissance et les animateurs veulent profiter de notre présence en groupe pour nous enseigner quelques trucs à respecter pour éviter tout dérangement.

img 9581 petit rhino s.bareille

 

La démonstration se fait d’abord à l’aide d’un détecteur particulier ; Sophie mesure grâce à un petit appareil les ultrasons que nous émettons en soufflant par le nez, en chuchotant, en frottant les tissus des combis ou en entrechoquant la quincaillerie ; c’est incroyable le « bruit » que l’on produit sans que l’on en soit conscient. Elle nous propose donc d’adopter un comportement plus discret lorsque l’on doit passer à côté de chauves-souris endormies : ne pas éclairer directement l’animal, par exemple en masquant le faisceau de la lampe, parler bas mais sans chuchoter, tenir d’une main les mousquetons et autres accessoires, passer vite sans s’arrêter bien sûr. Nous mettons en pratique ces recommandations dans la petite cavité où quelques rhinolophes sont entrés en léthargie ; après un aller-retour du groupe, rien n’a bougé, aucun signe extérieur de réveil chez les animaux, la manip est probante.

La journée se termine vers 17h00 ; nous remercions les deux animateurs de cette session pour leur disponibilité et la qualité de leurs interventions, puis notre (trop) petit groupe se disperse en attendant la prochaine sortie.